Hamilton 2018

November 4, 2018

3:30:00 ? … NOT !

Pas grave, vraiment….pas grave!
Après un abandon en 2015 à Toronto (taxi au 28e km) et une course “décevante” il y a 3 semaines, je voulais capitaliser sur l’entrainement des 16-20 dernières semaines pour atteindre, finalement, l’objectif de 3 :30 :00 sur un marathon.

 

— Le projet —

Dans les jour qui ont suivi Québec, j’ai fait du soul searching….lol….bin non, juste u coup de tête! Je m’explique mal mon résultat de 3 :43 :00 et croit avoir 3 :30 :00 en moi. Alors, je me mets à rechercher un peu pour voir si le projet peut se réaliser.

Ah oui….un marathon à Hamilton dans 3 semaines, mais c est loin..loin comme dans beaucoup d’heures de route!
Ah oui, vol westjet à rabais mais se rend juste à Toronto
Ah oui, voiture de location jute 34$ – et 45 minutes de route…mais le couchee?
Ah oui, un airbnb à 5 minutes du départ pour 46$…mais ça s’empile….en plus du prix de la course
Ah oui, ma tendre moitié comprend/respecte/accepte/veut pas entendre parler tout l’hiver de Québec…elle m’ouvre une porte comme quoi ça serait possible.

Mais 3 semaines, est-ce trop tôt?
Un courriel à Julien Lachance (allez voir ses sportstats) et Annie jean, deux ultra marathoniens en qui j’ai confiance. Les 2 me confirment que ce n’est pas impossible mais que je dois me reposer sans trop manquer mes courses de vitesse…et en limitant mes long runs,….en gros….refaire mon taper.
Il n’en fallait pas plus, je book le tout!!!!

— L’entrainement —
Après 4 jours de repos, je me remets à courir, je me sens pas trop mal, le plan suit son cour.
Positif de nature, j’analyse mes données et voit une confirmation que Québec semble être une anomalie….bin oui toi!!!!!
Je suis les conseils de mes 2 coaches et le jour J approche.

— Le carb loading —
Je n ai jamais vraiment bien fait mon carb loading, chose que j’ai confirmé en lisant un peu plus sur le sujet….alors cette fois, pain pates patate riz et gunmmy bears pendant 3 jours……Les gummy bears, ça va toujours mais le reste….pu capable à la fin!!!!

— La playlist —
Je ressentais le besoin de changer mon mood de course, alors, un brand new playlist. Premier essai, j’ajoute toutes les tounes que je veux, ça donne 3 :33 :00 …wow pas pire considérant que je vise 3 :30…mais J’ajoute quelques tounes question d’en avoir pendant le warm up et en attendant le départ. Ma musique est prête!!
— Le voyage —
Samedi matin,Sheila travaille alors go pour le couraillage pour 3 games de soccer des gars et un cours de Goaler, un subway – pain BLANC!, un paquetage de bagages, une gardienne, un taxi et me voilà en route vers l’aéroport
À l’aéroport, fettuccini au poulet et House of Cards pour passer le temps. La saison 6 est sorti…OMG!
Des gatorades dans le carry on, des gummy bears et me voilà embarqué pour le court vol.
Atterrissage manqué, rendu à 10 pieds du sol, le pilote remet les gars et on se retape un tour de ville….jamais le fun! Tout était OK, il y avait un avion lent sur la piste, on ré atterri avec succès, je me dirige vers le comptoir Avis, je pars Waze et je me dirige vers ma maison d’accueil! Arrivée vers 20 :00.
Ma routine du soir commence, hydratation, gummy bears, coupe des ongles, préparation du bib, je place mon linge de course (you know the drill!).
Nuit de sommeil mouvementé mais je ne me sens pas trop anxieux….mais je n’ai pas vraiment hâte non plus, je sais ce qui m’attend. Vivement le changement d’heure, je gagne une heure de sommeil.

— L’avant course —
Je me réveille sans cadran à 4 :58 am, je valide la météo, tout semble beau. Je m’habille tout en mangeant une banane et une tranche de pain, je quitte mon airbnb à 5 :30, je passe au Tim,me prendre un cafe, j avale une 2e banace et tranche de pain, une gorgée de café, une gorgée de gatorade, je me dirige dans le parc près de la ligne d’arrivée. Ce n’est pas chaud mais je suis bien habillé pour l’avant course.
Je passe chercher mon bib, je monte dans l’autobus (le départ est à une quinzaine de km de l’arrivée) et on se rend à la ligne de départ. Il est 6 :45 et je planifie commencer mon warm up seulement à 7 :30. Je rentre à l’intérieur et je tue le temps, toilettes, ptite marche, assis, debout, je ne tiens pas vraiment en place. Je commence presque à avoir hâte….tsé tant qu’à être là!
Je remets mes vêtements chauds dans mon sac numéroté et je me dirige dans le stationnement pour le warm up. Tout va bien, mon sciatique semble ok, mon tendon aussi (des ptits bobos que je trainais depuis Québec), alors ce ne sera pas un facteur aujourd’hui.

Pour cette course, je porte ma casquette orange du groupe de course, elle me fait penser à la gang et me met en confiance.

— Le plan —
Tenir un pace de 4 :58 (pas plus vite, pas plus lent) pour les premiers 21km. À noter, 4 :58 est le pace moyen pour terminer en 3 :30 :00.
Sur l’autoroute, dans la section en descente de 10km, j’espère avoir l’énergie d’augmenter la cadence en profitant de la gravité pour ensuite avoir un certain coussin pour attaquer les derniers 10-12km que je sais déjà seront pénibles alors d’avoir le luxe de pouvoir ralentir serait idéal.

— Le départ —
Je pars ma playlist sur random et quelle toune embarque…..Il est ou le bonheur, il est ou….. il est là le bonheur il est là….
Je souris à pleines dents! Pas pire adon!
— La course —
Je pars un peu trop vite alors je me retiens et me concentre à ralentir un peu, à 3km, première station d’eau, il fait déjà assez chaud pour enlever une couche, je suis agréablement surpris et j’enlève un t-shirt d’extra que je portais. À 5-6 km, je laisse passer sagement le lapin de 3 :25 :00 en me disant que ce n’est pas ça ma course….je me pose sur un pace qui feel confortable tout en m assurant de rester sous ou proche de 4 :58 sans être plus de 3-4 seconds plus rapide. Plus de côtes que prévu dans le premier 16 km mais ce sont des rolling hills alors après chaque montée, on redescend.

Hamilton est une ville un peu comme Québec avec une haute ville et une basse ville. Dans ce cas-ci, nous avons pris l’autobus pour monter en haut et nos jambes pour descendre en bas, pas pire avantage!

Le fait de courir le premier demi dans la haute ville nous a donné plusieurs moments de superbes payasages sur le Lac Ontario et sur la ville de Toronto, toute petite au loin.

À 16km, je commence à sentir l’effort mais je me dis que dans 5km, on embarque sur l’autoroute alors ça ira vite! Maximum 100! Sans blague, c’est une descente continue de presque 10km. Petite surprise….un solide vent de face sur cette section du parcours, je ne dirais pas que ça annulait la descente mais ça feelait comme ça.

À 23-24km, je sens que quelque chose cloche, je suis dans la descente mais j’arrive à peine à tenir 4 :58 oh oh! Tête de cochon, je me dis que je suis venu pour 3 :30 alors je continue de pousser….mes secondes de buffer acquises plus tôt dans la course commencent à s’égrainer tranquillement pas vite ou plutôt…tranquillement TROP vite 😉

Je focus un 1km à la fois depuis le début mais autour de 26-27…je commence à me dire qu’un autre 15-16km au même pace va être vraiment tough mais à ce point-ci, pas de signes alarmants alors j’essaie de tenir.
Au 31e km, de retour sur le plat, je regarde ma montre et je vois que je suis PILE sur 5 :00 min du km à date….nouveau record personnel…hehe…3km plus loin qu’à Québec….mais c’est là que la chaine débarque.

Je range ma montre dans ma poche car elle ne peut plus rien pour moi à partir d’ici. Sheila m’avait déjà “forcé” à enlever les infos de heart rate pour que je sois plus feeling cette fois. Je me dis en me trouvant vraiment cave, qu’il ne reste que 11km. Je réalise alors qu’à la fin d’un marathon, there no such thing as just 11km! À 32km, le fait d’être un papa qui ne cesse de répéter à ses 2 gars qu’on abandonne pas – quand on commence quelque chose, on le termine – est la seule raison pourquoi je ne me call pas un taxi! Je leur répète aussi souvent qu’on ne contrôle pas le résultat, juste l’effort…alors je me console en me disant que je suis CLAIREMENT en train de faire des efforts.
Je marche un peu, je jog pas assez vite, je rêve de voir la prochaine pancarte de km. Rendu à 35km environ je texte Sheila, je sais qu’elle me track et risque de s’inquiéter en me voyant ralentir de la sorte. Ptite photo de désespoir au 36e km. Je me dis 6 km, let,s go….je trottine, j’écoute mon corps, j’accepte mon sort.
À 38km, coup de barre dans les genoux lorsque le lapin de 3 :40 me dépasse…mais comme dans un rêve ou on essaie de courir vite mais qu’on n’avance pas….il n’y a no way que je peux le rattrapper…je le vois disparaitre dans le sillons de la piste cyclable…non, ce n’est pas une belle image! 😉
À 39km, une des tounes préférés à Sheila se met à jouer, je ne l’avais pas mise sur ma playlist….mais elle oui, je me mets à pleurer…pas à chigner comme un perdu mais dans mon état mental du moment, cette douceur est trop pour moi (c’est trop pour moi, c’est trop pour moi).
Je calcule le pace du lapin, les 3.2km restants….j’essaie d’accélérer un peu pour essayer de finir sous mon 3 :43 de qc…mais le corps ne suit pas, je réalise que je suis vraiment presque à bout…je repense à un coureur qui avait abandonné au 40e km et de ne pas avoir compris….pourtant il tenait debout…mais là, je comprends….

Je réalise alors que j’ai vraiment froid….je passe donc les 3 derniers km à gérer le fait que je dois en finir mais sans pouvoir pousser…le dernier 1.2 km est interminable….il feel comme 12. Je passe la ligne, reçoit ma médaille. Woot Woot 2e en 3 semaines mais rapidement, je demande assistance. Je les avise que je suis gelé…la cape de foil aide beaucoup, 4-5 minutes plus tard…bouffe vêtements chauds et auto!
Drôlement, c et la première fois que je vois ma voiture de location a la lumière du jour…ah bin coudonc!
J’appelle Sheila, je lis les post de la gang du groupe de course…personne ne me laisse savoir qu’ ils sont déçus pour moi, ils m offrent leurs plus belles paroles d’inspiration et ça me fait du bien.

— Post mortem —
Je ne suis pas déçu, je suis fier de moi. On se dit rarement ça mais je suis vraiment fier de moi. Fier d’avoir pris les moyens d’aller valider une théorie. Elle s’est avérée fausse mais maintenant, au moins, je le sais. Je vaux les temps que j’ai obtenus et je suis en paix avec ça. Je n’ai aucun regret et il n y a pas de what if! Je voulais courir 3 :30 pour me rapprocher du 3 :10 :00-3 :15 :00 que ça me prendrait pour me qualifier pour Boston. Je n’élimine pas ce rêve mais je vais m’enlever cette pression à court terme (lire 15-20 ans lol). OK OK…on s’en reparle dans 48 heures!

—Excuses vs motivation—-
J’ai tendance à voir le verre à moitié plein alors ces excuses…. :
Québec, je me sentais malade et tenir un pace normalement facile ne l’était pas même en début de course.
Hamilton, je devais être fatigué du marathon précédent.

….seront probablement ce qui me ramènera sur un trottoir près de chez vous!

— Arrivée à Ottawa —
Ma tite-femme pis mes 2 boys m’attendent avec des pancartes à l’aéroport, il est là le bonheur, il est là!

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